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Résilience, territoires et énergie : 4 spécialités, 4 éclairages

Résilience, territoires et énergie : 4 spécialités, 4 éclairages
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La première Matinale 2019 sur le thème de la résilience a été l’occasion de comprendre ce que recouvre ce concept en vogue, appliqué aux territoires et à l’énergie. Autour de Mathieu Monot, quatre membres du comité scientifique ont partagé leur vision.

La résilience économique vue par Christian du Tertre

La résilience n’est pas un terme usuel chez les économistes qui lui préfèrent les notions de flexibilité et d’amortisseur. La flexibilité de l’emploi ou la flexibilité technologique a vocation à absorber des chocs. Les amortisseurs sont par exemple les politiques sociales qui permettent d’ atténuer ces chocs, de résorber les problèmes d’emploi ou les transformations majeures du territoire. Mais aujourd’hui, les enjeux écologiques bouleversent les approches et obligent les économistes à abandonner le modèle de croissance pour se tourner vers un nouveau modèle de développement. Cette approche suppose une capacité de mobilisation des acteurs et un engagement différent entre les entreprises et le territoire pour s’inscrire dans un mieux-vivre et la proximité.

La résilience au plan sociologique vue par Alain Bourdin

La résilience est la capacité de rebond face à des catastrophes mais aussi face à des « mutations lentes et délétères », comme les définit Chloé Voisin-Bormuth. La résilience est aussi la capacité à se coordonner et à fabriquer de la réaction au-delà des normes à l’image du commandant de bord qui atterrit sur l’Hudson en catastrophe et sauve les passagers après avoir transgressé les règles. Aujourd’hui, dans une société du risque, on ne gère plus seulement la catastrophe mais également la vulnérabilité. Confrontées à ces questions, villes et métropoles ne peuvent plus se contenter d’appliquer des procédures mais doivent se préparer à améliorer leur résilience sur ces tendances lentes et délétères.

La résilience urbaine vue par Ariella Masboungi

La résilience donne du sens aux problématiques qu’affrontent les urbanistes depuis toujours. Elle invite les villes à se réinventer à partir de leur identité de territoire, à travers :

  • la capacité de rebondir face à des catastrophes. Le choc a la vertu de créer une urgence et donc une réaction immédiate. Mais s’il crée de l’énergie pour certains, il peut anéantir les autres.
  • la capacité de se préparer aux menaces plus diffuses, comme le recul du littoral et à la disparition de certains territoires, démarche plus compliquée que de réagir à l’urgence.
  • la capacité d’articuler les différentes résiliences qui peuvent s’entrechoquer. La résilience énergétique peut aller à l’encontre de la résilience économique et sociale. Il s’agit aussi de faire jouer les complémentarités entre des besoins et des ressources de plusieurs territoires.

La résilience énergétique vue par Pascal Terrien

Bien que la notion de résilience soit peu utilisée chez les électriciens, elle fait partie de leur culture quotidienne. Fragilité du système, risque de black-out, risque sur des ouvrages critiques, autant de situations que l’énergéticien anticipe et maîtrise par des dédoublements, des redondances pour densifier le maillage territorial ou encore par des forces d’intervention en cas de problèmes. Ceci suppose un travail quotidien pour éviter que le système soit en rupture, pour trouver des parades en amont capables de réduire les vulnérabilités.

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Les réactions des participants et les débats de la Matinale

Programmes, méthodes, outils numériques,… freins ou accélérateurs de résilience ?

 

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