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Livre Blanc Résilience, Territoires & Énergie

Résilience, projet urbain et cohésion sociale : deux exemples européens

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Créé en 2012 par EDF, l’Atelier Énergie et Territoires est un laboratoire d’idées, d’études et de recherches. A la fois lieu de rencontres et de débats, il invite les différents acteurs des villes à mieux comprendre les mutations territoriales à l’œuvre et suggère des propositions concrètes, avec en toile de fond les questions énergétiques. Avec l’appui de son comité scientifique et de ses partenaires, l’Atelier offre une longueur d’avance sur des sujets d’actualités. Au cœur de cette dynamique d’échanges, les Matinales sont la signature de l’Atelier Énergie & Territoires. En donnant carte blanche à des experts et des chercheurs sur un sujet en lien avec le thème fédérateur de l’année - en 2019, la “résilience“ -, les Matinales ouvrent des fenêtres inédites sur le rôle de l’énergie dans la ville, engagent de nouvelles pistes, détectent les signaux faibles et travaillent en prospective. A l’issue de chaque rencontre, un livret présente l’ensemble des réflexions de nos deux invités auditionnés.

Nous sommes heureux de vous présenter ce nouveau numéro et vous en souhaitons bonne lecture.

Jean-Pierre FRÉMONT

Délégué à l’Action Régionale

Résilience urbaine et résilience territoriale

La résilience urbaine n’implique pas de revenir à un état antérieur mais de se reconstruire sur base de ce qu’on est, en accord avec la définition psychologique du terme. En ce sens, il n’y a ni ville, ni territoire résilient mais des attitudes résilientes sur divers registres. Certains territoires sont résilients en matière sociale, d’autres sur le plan économique mais quasiment aucun ne l’est dans sa globalité et c’est justement le problème.
Les différentes approches de la résilience, notamment sociale et environnementale, peuvent entrer en contradiction les unes avec les autres et être strictement sectorielles.

Par ailleurs la résilience prend appui sur l’identité du territoire, seul moyen de se reconstruire en assumant ses forces et faiblesses en jouant sur le registre qui est le sien.

Comme l’être humain après un choc, un territoire peut sortir renforcé par l’épreuve et trouver l’énergie pour se reconstruire et se réinventer sur base de ce qu’il est intrinsèquement.

Le rebond passe souvent par la nécessité de reconstruire une économie, raison principale de s’engager dans un projet urbain à l’échelle d’une ville ou d’un vaste territoire, cela afin de recréer de l’emploi et de relancer la vitalité du territoire.
Voilà ce qui explique le choix de présenter deux démarches résilientes : une ville capitale, Lisbonne, et un pays qui s’occupe de ses territoires oubliés, l’Italie. Lisbonne est résiliente à plus d’un titre ayant subi dans son histoire nombre de catastrophes dont séismes et incendies et plus récemment difficultés économiques et sociales.
Elle est aujourd’hui désignée capitale verte de l’Europe en 2020, après avoir reconquis son espace public précédemment dédié exclusivement à l’automobile, et valorisé ses différences culturelles et ethniques dans un projet urbain très ambitieux réalisé avec peu de moyens et beaucoup d’astuce. Belle réussite !
L’Italie, pays des villes les plus belles du monde, cherche sa résilience dans sa mobilisation sur "ses territoires intérieurs" que je qualifierai "d’oubliés", avec une stratégie nationale pour agir sur ces territoires également soumis aux séismes et autres catastrophes, en perte de vitesse au plan démographique, économique mais aussi en termes de services et d’aménités urbaines.
Deux profils différents en parlent, un élu moteur de la redynamistion de la ville aujourd’hui en charge de la société d’aménagement de Lisbonne, et un chercheur anthropologue exerçant au plus près des populations et des territoires. Ils ont en commun d’avoir osé des diagnostics sévères de leurs situations pour identifier les failles et mieux les transformer à partir de leur identité propre, selon les termes de Jean Cocteau : "ce qu’on te reproche, cultive-le, c’est toi."

Toutes les villes, tous les territoires sont confrontés à des menaces latentes et la crise Covid le démontre plus que jamais.
Malgré les condamnations de prophètes auto proclamés contre la ville dense, celle-ci a de l’avenir car elle est le plus à même de répondre aux exigences de la lutte contre le réchauffement climatique. Ainsi Lisbonne, en privilégiant les mobilités douces, aménageant des parcours et des lieux de séjour magiques souvent en belvédère sur ce paysage des 7 collines, ou le long du majestueux Tage, offre en ville l’évasion et le plaisir d’une ville apaisée. Le Covid, donnant droit de cité au télétravail, a offert aux territoires intérieurs italiens un avenir possible pour que leurs habitants puissent résier dans leurs villages patrimoniaux dans la nature tout en vivant comme des urbains au plan professionnel. Mais aussi la débrouillardise infinie de ces territoires, doublée d’une solidarité confirmée, les a rendus plus résilients que d’autres au confinement.
Être résilient, c’est admettre qu’on ne maîtrise pas tout, que ce qu’on croit acquis peut être remis en cause le lendemain.
C’est rester ouvert au changement, au mouvement, et savoir accueillir l’élément perturbateur comme un souffle moteur dans la rigidité inévitable des grands projets et stratégies urbaines. Pour ce faire, il s’agit de lutter contre la verticalité des réflexions et décisions. Cela exige en outre une mobilisation de tous pour arriver à coproduire des pistes d’avenir malgré les menaces qui pèsent et pèseront sur le monde. La convention citoyenne ouvre des perspectives en ce sens et la suite est à écrire pour donner sens et corps à une résilience qui dépasse les approches sectorielles pour dessiner des perspectives désirables et avancer pas à pas pour les rendre réalisables.

Ariella Masboungi

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