Aller au contenu principal

Inventer de nouvelles solidarités territoriales : La solidarité et le bloc communal

Inventer de nouvelles solidarités territoriales : La solidarité et le bloc communal
Partager :

La matinale Energie & Territoires du 19 septembre 2018 a mis côte à côte Louis Gallois, Président de la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS) et Benoît Calmels, Délégué général de l’Union Nationale des Centres Communaux et intercommunaux d’Action Sociale (UNCCAS) pour débattre sur le thème « La solidarité et le bloc communal ».

Après avoir évoqué leur définition de la solidarité, l’échange a porté sur différents sujets généraux et deux développements plus longs portant pour l’un, sur la reconfiguration en cours des minima sociaux et pour le deuxième, sur le positionnement des deux interlocuteurs sur l‘articulation des politiques nationales et territoriales.

Les 10 enseignements principaux

1

La solidarité pour Louis Gallois, est la prise de conscience de la communauté du destin des citoyens. Cette conception est pour lui, celle de la République, celle de citoyens engagés dans la vie publique. C’est la définition qui guide son action.
Pour Benoît Calmels, la solidarité est définit du point de vue des obligations de l’UNCCAS,c’est une notion réglementaire dont la traduction doit se constater dans des politiques sociales sur le territoire concerné.

2

La pauvreté est un phénomène toujours en évolution. Son taux en France bouge peu, (13,5-14,5 % de la population) mais les changements sociologiques sont très marqués dans le temps. Il faut agir de manière préventive pour faire diminuer la très grande pauvreté qui est très souvent intergénérationnelle.

3

La tranche d’âge des 18-35 ans atteint 25 %. Il y a trente ans, elle était absente des statistiques. Il y a une augmentation des familles monoparentales et l’arrivée de familles migrantes et de travailleurs ne pouvant se loger avec leur salaire.

4

On constate l’apparition, dans les zones désindustrialisées et rurales, d’une pauvreté spécifique qui conduit à un isolement de personnes qui ne disposent pas de moyens pour se déplacer.

5

Les Analyses des besoins sociaux menées une fois tous les six ans par les CCAS apporte une connaissance précise de la situation sociale sur la condition des personnes âgées, des enfants, de la petite enfance, la santé, la précarité énergétique, l’évolution démographique, etc. Ces études indiquent l’évolution probable sur le court terme.

6

L’unification des minima sociaux semble une idée intéressante à la FAS. La hausse de la prime d’activité, attribuée à des gens qui travaillent, va dans le bon sens car elle permet de diminuer le taux de pauvreté et de sortir des personnes de la très grande pauvreté. Louis Gallois estime possible l’éradication de la grande pauvreté grâce aux mécanismes existants et à leur meilleure articulation.

7

Les politiques nationales doivent s’appliquer partout, de manière harmonisée. Pourtant, des différences très substantielles d’application s’observent fréquemment ; des circulaires ministérielles sont interprétées très différemment selon les préfets.

8

Pour Louis Gallois, l’intercommunalité a les moyens d’appréhender des problématiques de bassins de vie. « L’articulation de ces dynamiques territoriales permet de poser des questions : Comment mobiliser les entreprises dès lors qu’on parle de l’emploi ? Comment mobiliser les offices hlm dès lors qu’on parle du logement ? »

9

La France se partage en quatre types de zone :les quinze métropoles ; la périphérie de ces agglomérations ;les zones côtières ou des zones de développement économique, qui pour des raisons très locales,génèrent du dynamisme. Et puis,il y a cette grande partie de la France, désindustrialisée. C’est le nord, le nord-est à l’exception de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine, jusque vers le sud-ouest, la Dordogne. Cette zone est grandement financée par les transferts sociaux ;les populations y sont peu mobiles.

10

Il faut amener les métropoles à diffuser autour d’elles pour donner leur chance aux territoires qui les entourent. Pour cela, une politique nationale de maintien de services publics est nécessaire. Il y a beaucoup de zones blanches à résorber. Il faut inventer une multitude de systèmes de transport mais aussi construire des infrastructures. Les atouts de ces territoires restent à valoriser et cela dépend de la conjonction de politiques nationales et de dynamismes locaux. Le rôle des élus est décisif pour susciter des dynamiques territoriales qui accompagnent ces politiques nationales.

Découvrez ou redécouvrez l’intégralité de la matinale.