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Rennes, Lyon, Toulouse : Quelles stratégies des métropoles pour l’ouverture des données ?

Rennes, Lyon, Toulouse : Quelles stratégies des métropoles pour l’ouverture des données ?
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Comment les métropoles se sont-elles saisies des enjeux de l’open data ? De quelles ressources humaines, techniques et financières disposent-elles pour valoriser leurs données ? Quels rapports entretiennent-elles avec leur écosystème d’innovation mais aussi les plateformes numériques, les GAFA ?

Pour cette 25ème Matinale (la 8e et dernière consacrée au Big Data et à la transition numérique), l’Atelier Energie et Territoires poursuivait ses auditions de responsables numériques de métropoles, avec :

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Norbert Friant, Responsable du Service Numérique, à Rennes Métropole ;

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Sandrine Mathon, Responsable du Domaine Ressources, à la Direction du Numérique de Toulouse Métropole ;

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enfin, Nathalie Vernus-Prost, Administrateur général des données, à la Métropole de Lyon.

Précisons que l’audition était assurée par Michel Micheau (Professeur émérite à Sciences Po, membre du comité scientifique de l’Atelier Energie et Territoires) et Philippe Labro (secrétaire général de l’Atelier Energie & Territoires).

Les 15 principaux enseignements

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Les métropoles ont manifestement pris la mesure de l’intérêt de l’open data (au-delà des obligations légales) : elles disposent de portails, plus ergonomiques et riches de nombreux jeux de données (dont le nombre peut aussi fortement varier selon leur taille démographique).

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L’open data n’est pas considéré comme une fin en soi, mais un vecteur

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de développement économique : création d’emplois, de valeurs indirectes mais aussi directes pour la collectivité. A défaut d’évaluations précises sur ses retombées, les trois personnes auditionnées reconnaissent à l’open data la possibilité d’un ROI (retour sur investissement) que ce soit à travers des externalités positives au plan de l’innovation ou des économies réalisées.

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de dynamisation de l’écosystème d’innovation, par davantage de collaboration entre les services de la collectivité et les start-up, les grands-comptes, le monde universitaire, les usagers…

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… et d’implication citoyenne : à travers la reconnaissance des initiatives d’habitants ou d’usagers, d’un droit d’interpellation (la possibilité pour eux de solliciter la collectivité pour la conception d’applications correspondant à leurs besoins ou l’accès à des données) ou encore la possibilité offerte de reprendre la maîtrise des données qu’ils produisent (self data).

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Si les contraintes budgétaires restreignent les possibilités de recrutement, les métropoles n’en parviennent pas moins à mobiliser des ressources humaines compétentes dans l’analyse des données (data scientist), qu’elles forment à l’occasion de stages ou des formations en apprentissage, en valorisant les synergies avec les autres directions et métiers, et les autres parties prenantes de la transition numérique. Le cas de Rennes rappelle que l’open data peut cependant être une source d’économies : par l’approche collaborative et transversale qu’elle induit entre les services d’une collectivité, mais aussi des « propriétés émergentes », soit des externalités positives non programmées, qui permettent de réduire le coût de fonctionnement d’un réseau (cf cette application permettant d’anticiper la disponibilité de vélos en libre service, avec pour effet de réduire les besoins de régulation au moyen de camionnettes).

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Elle conforte également la métropole comme lieu possible d’expérimentations et de démonstrateurs, en collaboration avec des plateformes numériques, des opérateurs urbains, des start-up, des académiques, sans oublier les habitants et usagers, à travers des projets locaux ou européens.

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Au-delà d’un portail, l’open data se traduit par l’invention de tiers lieux propices aux collaborations avec les parties prenantes de l’écosystème d’innovation  (le Tuba du Grand Lyon, par exemple).

9

Le rôle des élus se révèle crucial pour garantir l’accès de tous à la donnée, l’acculturation des services et d’autres élus aux enjeux de la transition numérique en général, de l’open data en particulier. Laquelle est « trans-partisane » : les politiques menées en la matière et les services créés survivent au changement de majorité…

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Public versus privé : l’open data questionne fortement cette distinction (elle pose d’ailleurs la question de savoir comment assurer le service public de la donnée au niveau local : en régie ou en délégation de service public ?).

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Si la métropole s’impose comme un territoire pertinent pour croiser open data et innovation, elle n’en considère pas moins la Région, le Département et l’Etat comme des interlocuteurs privilégiés. Un intervenant va jusqu’à invoquer un « principe de subsidiarité » dans la circulation de données (par un renvoi sur le portail le plus pertinent pour une thématique donnée).

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L’open data favorise davantage de coopération que de compétition entre les métropoles – leurs responsables numériques se connaissent et échangent régulièrement dans le cadre d’un benchmark permanent. Significatif à cet égard est le renoncement au principe d’un « marketing territorial » (du moins dans le domaine du numérique).

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Des exemples abondent qui témoignent des synergies possibles avec les territoires ruraux (en vue d’éviter une fracture numérique).

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Sur le rapport aux GAFA : loin de s’opposer a priori aux grandes plateformes numériques, les responsables « numérique » des métropoles les considèrent comme des interlocuteurs « incontournables » : en n’hésitant pas à engager des négociations notamment sur la licence d’exploitation des données afin de ne pas « assécher » leur écosystème en données ; en les incitant à valoriser des données en cohérence avec les objectifs des politiques publiques qu’elles se sont fixés (cf l’exemple grand lyonnais où l’optimisation des flux automobiles allait à l’encontre de la promotion des mobilités douces). Bien plus, elles se positionnent comme tiers de confiance entre ces plateformes et les autres acteurs de l’innovation.

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Les enjeux énergétiques : au-delà des possibilités offertes en matière d’efficacité énergétique, d’optimisation des flux, nos interlocuteurs voient dans l’open data, un moyen d’acculturation des opérateurs de l’énergie à la démarche collaborative avec les collectivités et leur écosystème d’innovation.

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