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Transition énergétique et transition numérique : croisement ou convergence ?

Transition énergétique et transition numérique : croisement ou convergence ?
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Le 14 juin 2016, l’Atelier Energie & Territoires se délocalisait à Toulouse, le temps de sa 19e audition (la 2e de la «  saison » consacrée aux Big Data dans les territoires de l’énergie), pour auditionner plusieurs acteurs de la métropole sur la manière dont ils envisageaient la fabrique de la ville sinon de quartiers de ville à l’heure de la double transition : énergétique et numérique :

  • Bertrand Serp, Vice-président de Toulouse Métropole en charge du numérique, Président de l'association Open Data France
  • Carole Maurage, Présidente et fondatrice de l’association MNMS-Innovation Territoriale, Directrice du Laboratoire des Usages de Toulouse
  • Marie-Pierre Gleizes, Professeur à l’Université Toulouse III Paul Sabatier, ex-membre du Conseil régional de Midi-Pyrénées en tant que Vice-présidente de la commission recherche et enseignement supérieur (2010-15)
  • Marise Bafleur, Directrice de recherche au LAAS- CNRS.

Auditionnés par Alain Bourdin et Sylvain Allemand, ils ont témoigné de leurs contributions respectives au projet de Toulouse Open Métropole et de la manière dont celle-ci pouvait être, de par l’accent mis sur l’implication des acteurs et usagers, une alternative à la vision ordinaire de la smart city.

Transition énergétique et transition numériqueDe gauche à droite : Philippe Labro, Florence Albouy-David, Lionel Zechri, Bertrand Serp, Carole Maurage,
Alain Bourdin, Marie-Pierre Gleizes, Marise Bafleur et Sylvain Allemand

Les 12 enseignements à retenir

1

La métropole de Toulouse a défini une stratégie Smart City pour les années 2015-2020, Toulouse l’Open Métropole, à partir d’une démarche participative impliquant l’ensemble des parties prenantes concernées : élus, citoyens, industriels, start-up…

2

Dans le même temps, l'université Toulouse III – Paul Sabatier a lancé l'opération neOCampus impliquant les savoir-faire de 11 laboratoires, non sans s’insérer dans le projet métropolitain.

3

Dans un cas comme dans l’autre, l’expérimentation en situation réelle apparaît comme une modalité essentielle dans l’élaboration de solutions réellement adaptées aux besoins des usagers et habitants.

4

La convergence entre transition énergétique et transition numérique est évidente pour l’ensemble des acteurs auditionnés (un élu, une consultante, deux chercheuses). Pour autant, la transition numérique ne saurait se limiter aux seuls enjeux énergétiques. Elle engage une réflexion sur la qualité de vie et des enjeux de (cyber)sécurité (des données).

5

La libération des données numériques (Open Data), publiques et privées, n’est pas une fin en soi : pas plus que leur mise en accès systématique n’est pertinente (toutes les données ne se valent pas), on ne gagne à entrer dans une logique d’acquisition de masse (par la multiplication des capteurs, des capacités de stockage), en l’absence de capacités d’analyse suffisantes.

6

Une donnée ne vaut que si elle appropriable (soit l’enjeu du design) et analysable (soit l’enjeu des data sciences).

7

L’Open Data n’exclut pas un accès limité de données, ni leur échange sur la base de négociations commerciales entre des parties restreintes.

8

Il importe de partir des cas d’usages car c’est eux qui détermineront les données pertinentes à produire et/ou à acquérir (un point déjà souligné lors de la première matinale du cycle).

9

Bien que mise en avant (par des industriels ou même la CDC), la Smart City fait question par sa prétention à privilégier des réponses technologiques, le numérique et les Big Data. Elle ne semble d’ailleurs plus autant de mise chez les opérateurs de l’urbain.

10

Citoyens et start-up s’imposent comme des acteurs essentiels de la double transition, les premiers par leur prise de conscience d’une nécessaire amélioration de l’efficacité énergétique et/ou leur usage d’applications qui transforment leur rapport à la ville ; les seconds par la conception de ces applications, mais aussi l’expérimentation de solutions innovantes sur un territoire (ou un campus), avec le concours des collectivités locales (cas de la métropole toulousaine, qui a permis à plusieurs start-up de son écosystème d’expérimenter des solutions innovantes en matière d’éclairage public).

11

Reste la présence de grands opérateurs (les GAFA) en mesure, en plus de produire des données en masse et des algorithmes, de se porter acquéreurs de start-up et d’avoir ainsi la maîtrise des données afférentes à leurs activités. Une éventualité qui justifie d’autant plus de vigilance (plutôt qu’une posture a priori défensive) des collectivités locales.

12

Une réflexion reste à engager sur la manière dont les ressources des Big Data peuvent être exploitées en amont de la conception du projet urbain.

Découvrez ou redécouvrez l’intégralité de la matinale.