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Transition numérique : quelles révolutions pour l’industrie ?

Transition numérique : quelles révolutions pour l’industrie ?
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Le 6 octobre 2016, l’Atelier Energie & Territoires retrouvait le café Le Procope (Paris) pour sa 20e audition (la 3e de la «  saison » consacrée au Big Data dans les territoires de l’énergie), pour, cette fois, auditionner des représentants du monde industriel afin de savoir comment ils s’engageaient dans la transition numérique, envisageaient de créer de la valeur et le passage à une industrie plus tournée vers des services :

  • Christian Buchel, en charge, au sein d’Enedis, du développement du numérique autour des services énergétiques ;
  • Robert Plana, Directeur Innovation et Ecosystème au sein de GE Digital.

L’occasion de revenir sur les lieux dédiés au numérique dont leurs entreprises respectives se sont dotées : la Fabrique numérique, inaugurée en 2014, dans le cas d’Enedis, et la Digital Foundry (Fonderie numérique) inaugurée en juin 2016, à Paris, dans le cas de GE Europe.

Auditionnés par Michel Micheau, Professeur Emérite à Sciences po, et Sylvain Allemand, journaliste, l’un et l’autre ont expliqué comment ils mettaient à profit du Big Data pour concevoir de nouveaux services, non sans en appeler à la vigilance quant au bon usage de ces données numériques et leur traitement pour en faire des informations pertinentes.

Les 16 principaux enseignements

1

Les industriels ont manifestement pris la mesure de l’importance des opportunités offertes par les données produites par eux-mêmes (à travers des capteurs) ou d’autres, en matière de maintenance prédictive ou de création de valeur à travers la conception de nouveaux services et applications.

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Les mêmes ont pris la mesure de l’enjeu du traitement des données et de la nécessité de s’entourer de nouvelles compétences (data scientists, chief digital officers, designers,…) ;

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La qualité des data : le caractère massif des données produites ne doit pas faire oublier que seule une faible proportion est pertinente (5% selon Robert Plana, pour ce qui concerne les données induites par les activités industrielles) ;

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Le coût du Big Data : si l’abaissement du coût des capteurs a pu entretenir l’espoir d’un accès plus facile aux données massives, Robert Plana met en garde contre le coût du stockage des données – le recours à un data center exige une masse critique. Il recommande en conséquence un traitement local de l’information (plutôt qu’un téléchargement depuis un data center) ;

5

La relation au client change : que ce soit dans une relation B to C ou B to C, la conception de nouvelles solutions repose sur une logique de collaboration : aux solutions fournies clé en main, on passe à des solutions co-conçues avec les client et d’autres partenaires (startuppers, designers, développeurs d’algorithme, etc.). Soit une logique d’open innovation, combinée à de l’open data.

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Dans le même ordre d’idée, les deux intervenants mettent en avant une conception plus horizontale et transversale de leur organisation, en appellent à plus d’ « agilité ».

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Les modèles économiques : pour l’heure, la valorisation des données ne repose pas encore toujours sur des modèles économiques clairement définis. Dans un cas (Enedis), c’est l’inscription dans le cadre du service public, qui incline à faire profiter aux acteurs économiques les données disponibles. Dans l’autre (GE), c’est la possibilité d’accéder à de nouveaux clients (le principe du B to C to C).

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La relation à son environnement : elle-même change inévitablement de nature. La logique collaborative impose de s’ouvrir davantage aux écosystèmes d’innovation pour tirer profit des compétences et savoir-faire (de start-up et de PME) que l’entreprise industrielle ne peut prétendre assumer seule.

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Cette double inscription dans les écosystèmes et une logique collaborative se traduit par la création de nouveaux lieux hybrides, propices à de l’innovation collaborative : la Fabrique numérique, dans le cas d’Enedis, la Fonderie numérique, dans le cas de GE. Par delà leurs spécificités, ils concentrent des compétences en matière de traitement de données. Leur référence à l’univers industriel, pour paraître paradoxale, est, au-delà d’une tendance générale (illustrée par les évocations du « garage » ou de l’atelier), une manière de rappeler la dimension matérielle – et non exclusivement virtuelle - des processus d’innovation (lesquels passent par du prototypage, des démonstrateurs, des rencontres en face à face de ses parties prenantes – startuppers, ingénieurs, designers, data scientists…) ;

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La sécurisation des données : c’est un autre enjeu clé dont les deux auditionnés sont convenus, en rappelant que ces données restent la propriété des clients eux-mêmes (les particuliers dans le cas d’Enedis ; les clients industriels dans le cas de GE).

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Tiers de confiance : dans la logique de ce qui précède, les deux soulignent l’importance de ce rôle au regard du traitement des données, soit en entendant l’assumer (cas d’Enedis, qui invoque son appartenance au service public), soit en s’associant à une autre entreprise (Microsoft dans le cas de GE).

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Les smart grids : au-delà de l’amélioration de l’efficacité énergétique, ils participent au passage d’un système énergétique centralisé, à un système décentralisé.

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Internet des Objets, blockchain… depuis que la notion de Big Data s’est imposée, bien d’autres perspectives s’ouvrent, qui accentuent d’autant plus la nécessité pour les industriels d’adopter une posture plus offensive que défensive. Le compteur Linky est la principale traduction de l’Internet des Objets dans le domaine énergétique. Pour Christian Buchel, dont l’entreprise Enedis est en charge du déploiement en France, c’est de prime abord un capteur, mais c’est aussi un site web qui renforce les capacités d’information du consommateur.

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Empowerment : la notion est évoquée à propos des consommateurs mais aussi des territoires, qui auraient l’opportunité de reprendre la main sur leur stratégie énergétique à la faveur des smart grids (dans la mesure où ils contribuent à la valorisation des EnR).

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Les territoires : l’un et l’autre en reconnaissent l’importance accrue dans le contexte de transition énergétique (les collectivités locales restent propriétaires des réseaux de distribution gérées par Enedis ; elles sont de surcroît les lieux de déploiement des smart grids).

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Le contexte législatif : que ce soit la loi sur la Transition énergétique pour la Croissance verte ou la loi sur la République numérique, le travail du législateur est jugé positivement au regard de la libération des données (cf l’article 179 de la première) et de leur sécurisation.

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